Le Média · Article 23

Plus que jamais, la liberté est menacée (et la France n’y échappe pas)

La liberté est menacée en France. Dans KTN nous explorons pourquoi rendre la liberté des autres conditionnelle fragilise aussi la nôtre et comment le politique en France menace la Liberté

Plus que jamais, la liberté est menacée (et la France n’y échappe pas)

Aujourd’hui beaucoup trop de gens confondent sécurité avec liberté, confort avec liberté, argent/voyage/congés/travail/autonomie… avec liberté. A-t-elle point qu’aujourd’hui, ce droit qui devrait être une préoccupation, voire une lutte sans cesse, devient sous condition.

Longtemps je me suis demandée, mais pourquoi ? Pourquoi les gens troquent-ils leur liberté ?

Jusqu’à ce que je comprenne que la notion de liberté nous dépasse à un point que je devais lui offrir mon énergie, l’angle de la communication de mon entreprise, mais aussi ma vision de vie.

Il y a de ces entrepreneurs qui rayonnent pour eux & il y a ceux qui se servent de leur rayonnement pour une cause qui dépasse largement leur propre personne.

Je suis de la 2e catégorie.

KiffeTonNomadisme est un média de liberté, de vivre, de penser, de choisir, d’agir & son fond de commerce est l’entrepreneuriat, car l’entrepreneuriat porte la responsabilité de l’éthique, tire sa puissance de la liberté que l’entrepreneuse s’offre, mais aussi, car, dans notre monde, l’argent est une des bases conditionnelles de la liberté.

Alors, avant d’enfiler des perles, place à l’opus du jour.

La liberté est plurielle

Pour toute forme de liberté, nous pourrions lui opposer une cage dorée, car une liberté ne se résume pas à une case, un mot, un choix, ni même une façon de vivre.

Certains peuvent être plus libres sans argent VS un millionnaire,

Vivre dans une petite maison à la campagne VS le nomade,

Dans le salariat VS l’entrepreneuriat…

Les exemples ne manquent pas &, dans un sens, je pense, nous rassurent sur notre condition, mais ceci est un débat dont je ne veux pas glisser aujourd’hui.

Restons concentrée Stéphanie.

Car la liberté se vit en extérieur, mais s’opère à intérieur & à l’intérieur cela demande de se poser la question d’où nous nous sentons libres & où nous nous sentons oppressés.

J’ai l’intime conviction que c’est ici que tout se joue & ainsi où tous les critères volent en éclat. Car la liberté est plurielle, elle est intime, elle est personnelle, mais elle ne doit pas être sous condition ou entravée.

Au départ de ma vie nomade, je pensais que LA liberté était géographique. Allez où mon envie me soufflait, ne pas subir ni le temps, ni le climat social, ni la monotonie & dans un sens, ça l’est. C’est une forme de liberté, mais c’est loin d’être la seule.
 

Puis, en avançant, je suis passée de la liberté sur mon temps à la liberté financière. J’ai commencé à troquer de plus en plus de temps pour construire un système économique qui me permettrait de ne plus me poser de limite.
Dans un sens, ça l’est, c’est une liberté mentale, de possible, mais à quel prix ?

Alors j’ai eu l’obsession de cumuler & l’argent & le temps.

J’ai opté pour une organisation, un rythme & là, je suis arrivée à la liberté d’oser vivre sur son rythme.
Se connaitre, sortir du cadre normatif des horaires, sortir de la culture culinaire, plonger dans l’intime de son être pour en faire une rencontre qu’on devrait nous apprendre dès le plus jeune âge & assurément dans les écoles.

Encore une nouvelle forme de liberté.

Puis, j’ai appris, appris beaucoup, écouté, absorbé, connecté, avec des gens, des cultures, des lieux, des histoires & je me suis rendue compte que la liberté était un luxe alors que cela devrait être un droit primaire.

Mais aussi que la liberté personnelle n’avait pas de définition universelle.

J’avais alors le choix, celui de continuer mon chemin seule vers MA liberté, mon cheminement physique & intellectuel ou tenter d’œuvrer, de poser ma pierre à l’édifice.

Alors j’ai documenté, exprimé, mes cheminements internes, mes déconstructions & finalement cette liberté de penser, d’être, de choisir & d’agir qui m’anime & finalement ne résume pas, mais prouve que la liberté est plurielle.

Il ne suffit pas de cocher une case « libre » pour être libre, mais aussi se rendre compte que ma définition de la liberté n’est pas une vérité universelle, juste ma version avec mon histoire, ma culture, la femme que je suis & celle que je deviendrais.
Mais aussi que ce que chez moi, dans ma conception, n’est pas une liberté peut l’être pour une autre. Et que, finalement, la liberté de ne pas porter de jugement, ne pas laisser ces sentiments entrer en soi, complétait une liberté qui nous dépasse & peut-être vibrer cette énergie pour la propager.

De cela, j’ai compris que ma liberté ne pouvait pas servir de définition universelle & alors que je devais défendre la possibilité pour les autres d’en construire une différente.

image de la formation

La liberté s’oppose-t-elle à la sécurité ou le confort ?

J’ouvrais cet opus en disant qu’aujourd’hui, nous confondons liberté avec sécurité et/ou confort. Or, ces notions ne s’opposent pas pour autant. Avoir la liberté de vivre en sécurité, la liberté de vivre dans le confort, est une quête acceptable, légitime même & encore une fois personnelle, issue de nos habitudes & de notre normalité.

Néanmoins, le danger apparait quand, sous couvert de sécurité ou de confort, nous troquons notre liberté.

Aujourd’hui plus que jamais en France, dans beaucoup de pays, le politique influe pour que le peuple abandonne des libertés sous couvert de sécurité ou de confort.

À tel point qu’en agissant sur la peur, certains acceptent. Or, une liberté est toujours plus durement gagnée que perdu. Que dès lors que nous acceptons de perdre une liberté, nous validons qu’elle n’avait pas autant d’importance & était optionnelle.

Nous devrons nous battre, durement pour la regagner. Mais aussi, nous envoyons un signal que c’est un droit de les remettre en question & ici, nous offrons au politique un pouvoir qui ne devrait jamais être dans leur main.

N’oublions pas qu’en démocratie, l’État est supposé être nous. Mais que reste-t-il de ce principe lorsque le citoyen n’est plus considéré comme capable de décider pour lui-même ?

Puisque, quand on y réfléchi à quoi sert la politique ?

A organiser la vie en société, or, comment l’organiser plus facilement, sinon en la contraignant ?

Et ici entre la notion de sécurité - or les règles de sécurité permettent de nous protéger sur notre intégrité - & ici la notion peut devenir de plus en plus floue.

Où est la limite ?

Où est la zone de responsabilité des états ?

Et finalement, très important qui cela doit servir ?

Nous vivons dans une politique à géométrie variable, avec les sachants & le peuple.

Nous opposons les causes, nous autorisons à se servir de notre peur pour nous contraindre & nous voyons que, petit à petit le combat de l’autre que nous n’avons pas défendu devient la justification de venir grignoter nos libertés individuelles.

Moins il y a de choix, plus c’est facile de choisir.

Ainsi, moins il y a de liberté, plus c’est facile de gouverner.

Ainsi, avant de saluer & applaudir des 2 mains sur des privations de liberté, surtout si elle ne nous concerne pas, il faut réfléchir non pas à ce qu’elle protège ou offre, mais à ce qu’elles condamnent, ferme pour toujours.

Nous avons, nous femmes, en France, œuvré pour une liberté de se vêtir (ne pas oublier que longtemps les femmes n’avaient pas le droit de mettre de pantalon) & nous sommes loin d’avoir terminé, puisque, dans des institutions sous la garantie de l’état, comme les écoles, nous avons des règlements qui interdisent des jupes trop courtes, crop-top… Sous prétexte que ça distrait les garçons.
Alors, l’interdiction du voile, du burkini, n’est pas un problème musulman, c’est un problème sociétal.

Accepter qu’on interdise à une femme de se vêtir comme elle se sent bien dans son intégrité, c’est envoyer le signal que le politique à un droit de regard sur ce qui est acceptable, autorisé, dans la manière dont une femme doit se vêtir & si demain, nous avons un retour du conservatisme le retour au pantalon pourrait être une volonté.

Le problème de contraindre l’IEF n’est pas seulement un problème pour les familles le pratiquant. C’est envoyer le signal à l’état que les parents ne sont plus garants des savoirs de leurs enfants. Que l’état à le droit de choisir quoi, comment apprendre sans que le parent n’ait le droit de donner une opposition.
Et quand nous parlons d’apprentissage, nous touchons au formatage & à ce qu’un peuple à le droit ou non de penser.

Le danger, va bien au-delà de la rhétorique politique qui n’a jamais apporté de preuve d’ailleurs, mais ici, c’est un autre sujet encore, le danger est bel est bien, de venir gouverner ce que le peuple a le droit ou non de penser

Une liberté qui dépend d’une approbation n’est plus une liberté, c’est une permission.

Une permission accordée à celles & ceux qui pensent correctement, qui vivent raisonnablement, qui ne dérangent pas, qui restent dans les limites de ce que la majorité considère comme acceptable & le propre d’une permission, c’est qu’elle peut toujours être retirée.

Nous ne perdons donc pas seulement nos libertés lorsque l’État nous les retire, nous commençons à les perdre bien avant.

Lorsque nous acceptons qu’elles deviennent conditionnelles pour les autres.

Lorsque nous détournons le regard parce que la restriction ne nous concerne pas.

Lorsque nous applaudissons une interdiction parce qu’elle frappe un choix que nous désapprouvons.

Lorsque nous abandonnons au politique la responsabilité de décider quelles manières de vivre, de penser ou de choisir méritent encore d’être protégées, l’État peut inscrire la restriction dans la loi.

Mais bien souvent, c’est nous qui lui en ouvrons d’abord la porte.

Par notre peur, notre silence, notre indifférence.

Par cette conviction dangereuse que les libertés que nous ne pratiquons pas ne nous concernent pas.

Pourtant, chaque liberté que nous acceptons de rendre conditionnelle crée un pouvoir qui pourra, demain, se retourner contre nous.

Les conditions changeront, les gouvernements passeront, les normes évolueront & l’outil que nous avons accepté de voir utiliser contre les autres restera disponible pour décider, un jour, que notre propre manière de vivre n’est plus suffisamment acceptable.

Voilà pourquoi la liberté des autres protège aussi la nôtre & tu vois non parce que nous devons toutes vivre de la même manière, mais précisément parce que nous devons pouvoir vivre différemment.

Une liberté que nous devons mériter n’est plus un droit.

Une liberté réservée aux choix convenables n’est plus une liberté.

Une liberté maintenue uniquement tant qu’elle ne dérange personne n’est qu’une tolérance sous surveillance.

La liberté réelle n’est donc pas un statut que nous atteignons une fois pour toutes.

C’est cette vigilance, cette responsabilité & cette pratique quotidienne.

La vigilance de regarder ce que nous sommes en train d’accepter.

La responsabilité de construire une vie qui nous ressemble sans imposer sa forme aux autres.

Et la pratique quotidienne de défendre la possibilité de choisir, y compris lorsque le choix réalisé ne serait jamais le nôtre.

Parce que notre liberté ne disparaît pas uniquement le jour où quelqu’un vient nous la prendre, elle commence à disparaître le jour où nous acceptons qu’elle devienne conditionnelle pour les autres & c’est tout l’enjeu qui se passe ces dernières années en France & dont nous portons la responsabilité.

Mais défendre notre liberté suppose encore de savoir ce que nous cherchons réellement à protéger & la une nouvelle question demeure :

Les choix que nous défendons sont-ils vraiment les nôtres ?

Avons-nous consciemment choisi notre manière de travailler, d’aimer, de vivre, de réussir & d’habiter le monde ? Ou défendons-nous parfois une vie que nous avons simplement appris à considérer comme normale ou désirable ?

Ce sont les questions que je vais me poser sous Instagram & où je t’invite à cheminer avec moi, au cœur de cette frontière parfois inconfortable entre les choix que nous faisons & ceux que notre histoire, notre culture ou notre peur ont faits à notre place.

Et si tu sens que tu es prête pour toi aussi construire ta liberté réelle, Latitude n’est pas un espace dans lequel je te donne une nouvelle définition de la vie libre à poursuivre, c’est cet espace où tu peux questionner ce que tu as appris à vouloir, retrouver ce qui t’appartient réellement & transformer cette conscience en choix concrets, dans ta vie, ton rythme, mais aussi ton business & ta manière d’occuper le monde, parce que comprendre la liberté est une première étape, construire les conditions qui te permettent de la vivre en est une autre & c’est l’âme de Latitude

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